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Petite histoire du pari mutuel et du PMU

De Joseph Oller à l’ouverture des paris en ligne, en passant par la naissance du Tiercé : l’histoire du pari mutuel en France racontée simplement.

Publié le · 3 min de lecture · Par la rédaction de Turf.ovh

Ancien hippodrome avec ses tribunes en bois et des spectateurs en tenue d'époque
Sommaire
  1. Joseph Oller, l’inventeur
  2. L’interdiction, puis la loi de 1891
  3. 1930 : le pari mutuel sort des hippodromes
  4. 1954 : le Tiercé change tout
  5. Le Quarté+ et le Quinté+
  6. 2010 : l’ouverture en ligne
  7. Ce que cette histoire nous dit

Le pari mutuel est une invention française, et une invention d’un drôle de personnage. Son histoire explique beaucoup de choses sur la façon dont on joue encore aujourd’hui.

Joseph Oller, l’inventeur

Dans les années 1860, les paris sur les courses de chevaux se font auprès de bookmakers, qui fixent leurs cotes et sont régulièrement accusés de tricher ou de disparaître avec la caisse. Joseph Oller, un entrepreneur d’origine catalane installé à Paris, imagine un système radicalement différent : au lieu de parier contre un bookmaker, les joueurs mettent leur argent en commun, et l’organisateur se contente de redistribuer la masse aux gagnants après avoir prélevé une commission.

Le système est mis en place à partir de 1867. Oller ne s’arrêtera pas là : on lui doit aussi, plus tard, la création de quelques lieux devenus mythiques du Paris des spectacles, dont le Moulin Rouge et l’Olympia. Un homme qui savait attirer les foules.

L’interdiction, puis la loi de 1891

Le succès du pari mutuel est rapide, mais il dérange. Les autorités s’inquiètent des jeux d’argent, et les paris sont un temps interdits. La situation est clarifiée par la loi du 2 juin 1891, qui encadre les courses de chevaux et autorise le pari mutuel sur les hippodromes, sous le contrôle de l’État. Une partie des sommes jouées doit financer l’amélioration de la race chevaline et des œuvres d’intérêt public. Ce principe, l’argent du jeu qui finance la filière, est toujours au cœur du système.

1930 : le pari mutuel sort des hippodromes

Pendant des décennies, il faut se rendre aux courses pour parier légalement. En 1930, le Pari Mutuel Urbain est créé : il devient possible de jouer en ville, dans des points de vente, sans se déplacer sur l’hippodrome. C’est la naissance du PMU, qui deviendra un acteur incontournable de la vie des cafés français.

1954 : le Tiercé change tout

Le Tiercé est lancé en 1954. Trouver les trois premiers d’une course, dans l’ordre ou le désordre, avec la possibilité de gagner une somme importante pour une petite mise : l’idée fait un tabac. Le dimanche, le Tiercé devient un rituel national. Les familles jouent les dates d’anniversaire, les habitués épluchent la presse, et le turf entre dans la culture populaire.

Le Quarté+ et le Quinté+

Le Quarté est créé en 1976, puis le Quinté+ en 1989. Chaque nouveau pari pousse un peu plus loin la logique du gros rapport : il faut trouver plus de chevaux, mais les gains potentiels sont bien plus importants. Le Quinté+ devient rapidement le pari phare de la journée hippique.

Au fil des années, d’autres paris apparaissent pour diversifier l’offre : le 2sur4, le Multi, le Trio et diverses déclinaisons, chacun avec sa logique propre.

2010 : l’ouverture en ligne

La loi du 12 mai 2010 ouvre à la concurrence les paris hippiques, les paris sportifs et le poker en ligne. Des opérateurs agréés peuvent désormais proposer des paris hippiques sur internet, toujours sous la forme du pari mutuel. L’autorité de régulation de l’époque, l’ARJEL, a depuis laissé place à l’Autorité nationale des jeux, l’ANJ, qui veille à la fois à la régularité des jeux et à la protection des joueurs.

Ce que cette histoire nous dit

Le pari mutuel a été pensé comme un système sans adversaire direct : personne n’a intérêt à ce que vous perdiez. Mais il a aussi été pensé pour financer la filière hippique et l’État, ce qui explique le prélèvement sur chaque mise. Comprendre cette double logique, c’est comprendre pourquoi jouer au hasard coûte de l’argent, et pourquoi il faut avoir raison mieux que la moyenne pour s’en sortir. Tout est détaillé dans notre article sur le fonctionnement du pari mutuel.

Les conseils publiés ici visent à mieux comprendre les courses. Aucun pari n’est gagnant à coup sûr : misez uniquement ce que vous pouvez vous permettre de perdre.