Bien débuter au turf

Premiers paris sur le trot : ce qu’il faut savoir

Attelé ou monté, ferrure, recul, musique, autostart ou volte : les bases pour lire une course de trot, repérer les chevaux fautifs et choisir vos premiers paris.

Mis à jour le · 7 min de lecture · Par la rédaction de Turf.ovh

Un spectateur, programme à la main, regarde passer des trotteurs attelés depuis la lice lors d'une course en soirée
Sommaire
  1. Attelé ou monté, deux façons de courir
  2. Déchiffrer la ligne d’un trotteur
  3. Autostart, volte et risque de disqualification
  4. Les premières courses à suivre
  5. Vos premiers paris : placé et couplé placé
  6. Questions fréquentes

La première fois qu’on ouvre un programme de trot, on a l’impression de lire une langue étrangère. Des D4 et des DA à côté des noms, des distances qui ne sont pas les mêmes pour tous les chevaux, des « Da » glissés dans la musique. Rassurez-vous : il y a peu de codes à apprendre, et une fois qu’ils sont compris, le trot devient une discipline assez lisible. Voici ce que nous expliquerions à un ami avant son premier pari au trot.

Attelé ou monté, deux façons de courir

Au trot, le cheval doit garder la même allure du départ à l’arrivée. Le trot est une allure à deux temps, où les membres avancent par paires diagonales, et le cheval n’a pas le droit de galoper. Cette règle commune se décline en deux disciplines.

Le trot attelé est de loin le plus courant. Le cheval tire un sulky, une voiture très légère à deux roues, dans laquelle est assis le driver. C’est lui qui règle l’allure, choisit le moment de sortir du peloton et retient le cheval s’il sent une faute arriver. Pour le détail, voir le trot attelé.

Le trot monté se court avec un jockey en selle, comme en galop, mais toujours au trot. Les courses sont moins nombreuses et attirent des spécialistes : certains chevaux brillent sous la selle et se montrent quelconques à l’attelage, d’autres l’inverse. Voir le trot monté.

La conséquence pour vous est simple : avant de juger un cheval, vérifiez que ses bonnes performances ont été obtenues dans la discipline du jour.

Déchiffrer la ligne d’un trotteur

Sur un programme, chaque partant tient sur une ligne. Trois informations propres au trot méritent votre attention.

La ferrure. Beaucoup de trotteurs vont plus vite sans fers. Le programme l’indique par des abréviations : D4 pour déferré des quatre pieds, DA pour déferré des antérieurs (les pieds avant), DP pour déferré des postérieurs (les pieds arrière). Un cheval déferré pour la première fois, ou qui retrouve la ferrure de ses meilleures courses, envoie souvent un signal. Mais le déferrage change aussi les sensations du cheval et peut le rendre plus fautif. Tout est expliqué dans notre article sur la ferrure.

Le recul. Dans certaines courses, les chevaux qui ont gagné le plus d’argent partent derrière les autres, avec 25 ou 50 mètres à rattraper. Le plus souvent, cela se lit dans la distance affichée pour chaque cheval : dans une course de 2 700 mètres, celui qui est inscrit à 2 725 mètres concède 25 mètres aux chevaux du premier échelon. Ce handicap n’élimine personne, mais il demande d’être nettement au-dessus du lot.

La musique. C’est la suite des derniers résultats, de la course la plus récente (à gauche) à la plus ancienne. Chaque place est suivie d’une lettre : « a » pour attelé, « m » pour monté. Un « D » signale une disqualification, un « 0 » une place au-delà de la neuvième, et une année entre parenthèses sépare les saisons.

Si une musique vous paraît confuse, collez-la dans le décodeur de musique, il la traduit ligne par ligne.

Autostart, volte et risque de disqualification

Deux modes de départ coexistent. À l'autostart, les chevaux s’alignent derrière une voiture munie de grandes ailes, qui accélère puis s’écarte une fois la course lancée. Les places à l’intérieur sont souvent recherchées, et quand le peloton est nombreux, une partie des chevaux s’élance en deuxième ligne. À la volte, il n’y a pas de voiture : les chevaux tournent en cercle puis se présentent ensemble derrière la ligne au signal du starter. C’est surtout dans ces départs que l’on rencontre les reculs, et un cheval nerveux peut s’y désunir dès les premiers mètres. Pour aller plus loin, voir autostart ou volte.

Reste le grand risque du trot : la faute d’allure. Sous l’effort, la fatigue ou la nervosité, un trotteur peut se mettre au galop. Le driver ou le jockey doit alors le ramener au trot. Si la faute se prolonge, se répète ou survient à un moment décisif, notamment près de l’arrivée, le cheval est disqualifié. Le favori de la course peut ainsi perdre toute chance en quelques foulées, et votre pari avec lui.

C’est pourquoi les « D » de la musique se regardent avant tout le reste. Un cheval qui en compte plusieurs sur ses dernières sorties peut être brillant quand il reste au trot, il n’en demeure pas moins un pari risqué. Voir les fautes d’allure.

Les premières courses à suivre

L’hiver, le trot vit au rythme de Vincennes. De la fin de l’automne à la fin de l’hiver, le meeting d’hiver réunit une grande partie des meilleurs trotteurs, avec pour sommet le Prix d’Amérique fin janvier. Pour un débutant, l’intérêt n’est pas forcément de parier sur les grandes épreuves, souvent très ouvertes, mais de regarder beaucoup de courses sur la même piste. Vous verrez vite ce que la longue montée finale fait aux chevaux partis trop vite, et quels drivers savent attendre leur moment.

L’été, les nocturnes prennent le relais. Vincennes propose aussi des réunions en soirée, et plusieurs hippodromes de province, comme Cabourg sur la côte normande, en ont fait leur spécialité. Les mêmes chevaux y reviennent souvent d’une réunion à l’autre, ce qui permet de les comparer dans des conditions proches. L’ambiance est détendue et les pelotons ouverts : un bon terrain pour apprendre, à condition de ne pas jouer toutes les courses de la soirée.

Notre conseil : choisissez un seul hippodrome et suivez-le pendant plusieurs semaines. Notez les chevaux qui vous ont paru malchanceux, ceux qui finissent fort, ceux qui se mettent à la faute. Ce petit carnet vous apprendra plus que n’importe quel tuyau.

Vos premiers paris : placé et couplé placé

Au trot, le risque de disqualification plaide pour des paris simples. Le simple placé est le meilleur point de départ : votre cheval doit finir dans les trois premiers quand la course compte au moins huit chevaux inscrits au programme officiel, dans les deux premiers de quatre à sept inscrits. Il pardonne une erreur de hiérarchie, pas une faute d’allure. Choisissez donc un cheval régulier et sage, sans « D » récent, dans des conditions qui lui conviennent : bonne discipline, mode de départ apprécié, ferrure de ses meilleures courses.

Le couplé placé est l’étape suivante. Il faut trouver deux chevaux qui terminent tous les deux dans les trois premiers, sans ordre, dans une course d’au moins 8 partants. En jouant trois chevaux en combiné, vous couvrez trois paires, et si vos trois chevaux prennent les trois premières places, les trois paires sont gagnantes. Avec quatre chevaux, le ticket compte six paires, donc six fois la mise de base : à réserver aux courses où vous hésitez vraiment entre quatre chevaux sûrs. Les règles complètes sont dans notre page sur le couplé placé.

Les paris sont interdits aux mineurs. Si le jeu prend trop de place, Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).

Questions fréquentes

Le trot est-il plus difficile à parier que le galop ?

Pas forcément plus difficile, mais différent. Le risque de faute d’allure ajoute une incertitude propre au trot, et la ferrure comme le recul changent d’une course à l’autre. En contrepartie, ces informations figurent noir sur blanc sur le programme, et un cheval sage et en forme se montre souvent régulier.

Que se passe-t-il si mon cheval est disqualifié ?

Il n’est pas classé, et votre pari sur ce cheval est perdu. Le remboursement concerne les non-partants, pas les chevaux disqualifiés. Si la disqualification d’un autre cheval fait remonter le vôtre dans l’arrivée officielle, c’est ce nouveau classement qui compte pour les paiements.

Faut-il commencer par le trot attelé ou le trot monté ?

Par l’attelé, simplement parce qu’il y a beaucoup plus de courses, donc plus d’occasions d’observer les mêmes chevaux. Le monté a ses spécialistes et ses propres habitudes : il se comprend mieux une fois les bases acquises.

Les conseils publiés ici visent à mieux comprendre les courses. Aucun pari n’est gagnant à coup sûr : misez uniquement ce que vous pouvez vous permettre de perdre.