Stratégies et méthodes de jeu

Les martingales au turf, pourquoi elles finissent mal

Doubler sa mise après une perte, progression de d’Alembert, montante sur les favoris : pourquoi les martingales ne battent pas le pari mutuel, chiffres à l’appui.

Publié le · 3 min de lecture · Par la rédaction de Turf.ovh

Un homme inquiet regarde son téléphone devant une pile de tickets perdants
Sommaire
  1. Le principe de la martingale
  2. Ce qui casse la martingale
  3. Les variantes ne valent pas mieux
  4. Ce qu’il faut retenir

Chaque génération de turfistes redécouvre la même idée : « Il suffit de jouer le favori placé et de doubler la mise à chaque perte. Comme il finit toujours par se placer, on finit toujours par gagner. » C’est la martingale classique. Elle semble imparable. Elle mène pourtant presque toujours à la ruine.

Le principe de la martingale

On mise une somme de départ. Si on perd, on double. Si on perd encore, on double encore. Dès qu’on gagne, on récupère toutes les pertes précédentes plus un petit bénéfice, puis on recommence avec la mise de départ.

Avec une cote suffisante, chaque cycle se termine en théorie par un gain. Le problème, c’est le « en théorie ».

Ce qui casse la martingale

La série perdante finit toujours par arriver

Même un pari qui passe huit fois sur dix finit par perdre plusieurs fois de suite. Et quand on double à chaque perte, la mise grimpe vertigineusement :

Perte n°MiseTotal engagé
12 €2 €
24 €6 €
38 €14 €
416 €30 €
532 €62 €
664 €126 €
7128 €254 €
8256 €510 €

Après huit pertes, il faut miser 512 € pour espérer récupérer un bénéfice de... 2 €. Personne ne tient, ni financièrement ni psychologiquement.

Le rapport placé est trop faible

Sur un favori placé payé 1,30 € pour 1 €, doubler la mise après une perte ne suffit même pas à se refaire : le bénéfice net du gain ne couvre pas les pertes accumulées. Il faudrait plus que tripler. La progression devient encore plus brutale.

Le prélèvement est toujours là

Aucune progression de mises ne change l’espérance d’un pari. Si un pari perd en moyenne de l’argent à cause du prélèvement, une suite de ces paris en perd aussi, quelle que soit la façon de répartir les mises. La martingale ne fait que transformer beaucoup de petits gains en une grosse perte occasionnelle.

Les variantes ne valent pas mieux

La montante de d’Alembert, où l’on ajoute une unité après une perte et en retire une après un gain, est plus douce mais repose sur la même illusion.

La montante sur les favoris gagnants, où l’on cherche un objectif de gain journalier en augmentant les mises, produit les mêmes séries catastrophiques.

Les martingales « à rattrapage partiel » retardent l’échéance, sans l’empêcher.

Ce qu’il faut retenir

Les martingales donnent l’impression de maîtriser le hasard. Elles produisent de longues périodes de petits gains qui renforcent cette illusion, puis une perte brutale qui efface tout, et souvent bien plus. Elles sont aussi un terrain fertile pour la perte de contrôle : courir après ses pertes, c’est exactement ce que décrivent les spécialistes du jeu problématique.

Si vous voulez moduler vos mises, faites-le en fonction de la valeur du pari, comme avec le critère de Kelly, jamais en fonction de vos pertes précédentes.

Les conseils publiés ici visent à mieux comprendre les courses. Aucun pari n’est gagnant à coup sûr : misez uniquement ce que vous pouvez vous permettre de perdre.